18 août 2008
La Perruche est baguée
Depuis jeudi je suis donc unie avec mon Ours aux yeux de l'État. Curieusement, je ne pensais pas être émue ou touchée par cette événement qui ne me semblait qu'être le prolongement logique d'une histoire d'amour belle, saine et complice.
Erreur… J'ai passé une journée bizarre, trop forte en émotion.
Je suis partie au boulot une boule au ventre, Bashung vissé sur les oreilles pour le trajet en métro. Fébrile, j'ai passé deux heures au bureau à tenter de travailler jusqu'au coup de fil alarmé de mon ours. Il venait de se réveiller et l'appartement était inondé par ma faute. Perturbée, j'avais oublié de mettre le tuyau d'évacuation de la machine à laver dans le bac à douche. Hum hum, depuis on vit dans l'angoisse constante que les voisins du dessous rappliquent pour exiger des comptes. Bref, passons cet événement malheureux et stupide pour se concentrer sur l'essentiel : le PACS. J'ai donc repris le métro en direction de la mairie, Bashung toujours dans les oreilles, j'ai foncé acheté un bouquet de roses, et je l'ai rejoins sur le trottoir, tremblante. Bien sûr, ça a été très administratif, sans relief, mais on est ressorti heureux, émus. On a mangé un morceau au bar du coin, les yeux dans les yeux. J'ai passé la journée sur un petit nuage, dans l'attente de la soirée au restaurant prévue depuis longtemps. On est allés chez Ploum, restaurant franco-japonais délicieux. On s'est vraiment régalés, la musique classique, puissante, et les mets, fabuleux festival pour les papilles. Entre le plat et le dessert, mon Ours a sorti quelque chose de son sac. Une bague. En or blanc et diamant. Je suis restée sans voix, je pensais qu'on ne se ferait pas de cadeau pour l'occasion, alors avec mon bouquet de roses minable du matin, je me trouvais dans mes petits souliers. J'ai pleuré comme une madeleine, comme dans les films. On est rentré à la maison, encore plus heureux que d'habitude, avec en tête cette journée du 14 août, belle, forte et douce. Unique.
Je ne vous raconterai pas comment j'ai lâchement abandonné l'Ours dans une gastro monstrueuse pour tout le week end (je lui ai quand même acheté biscottes, coca et PQ avant de partir) pour m'échapper pour une rendez-vous de filles.
Méchante Perruche
13 août 2008
Respire un coup et plonge
Je suis de retour à Paris.
Les vacances ne sont pas encore loin, mais déjà j'ai la tête enfouie dans las papiers de la rentrée, et mes doigts ont retrouvé leur allure alerte sur le clavier d'ordinateur.
Je suis en forme, bronzée, cheveux fraîchement coupée, bien habillée, repassée, le poil brillant, et l'œil luisant. La preuve, un jeune homme croisé dans la rue lors de ma pause déj m'a dit "Bonjour, vous êtes très jolie mademoiselle", et même si je déteste ça, ça m'a filé un petit sourire de 5 minutes.
Pour résumer ces trois semaines, je dirai que j'ai vraiment profité au maximum. Pour une fois je ne me suis pas créé une maladie bizarre et violente et le vieux combi qui devait nous emmener au Portugal n'est pas tombé en panne et n'a pas eu le moindre signe de faiblesse (la preuve, il roule encore, et pourtant on va le vendre, arf arf arf).
On a commencé par quelques jours tranquilles en Bretagne près de nos familles respectives. Calme, reposant. Puis on a descendu toute la France et un petit bout de l'Espagne pour Lisbonne, ville pleine de charme et de soleil. En quelques jours, conquise et envoûtée par l'ambiance des vieux trams, du Tage et des bonnes odeurs de poisson frais, le rythme bouillonnant parisien qui m'étouffait depuis quelques bons mois s'est apaisé puis éteint doucement pour laisser place à une quiétude parsemé de baignades, lectures, siestes coquines, bons restos et de sommeil. Avec mon Ours, on a développé encore plus fort notre bonne vieille complicité. Avec ce rythme nouveau, je l'ai regardé avec des yeux neufs, et il est beau, tellement beau. On a passé le temps à lorgner sur les enfants, nous imaginant pouponner des petites choses... Bref, on en pouvait pas s'entendre mieux. Et ça m'a bien rassuré car il rechignait un peu à partir seul avec moi, il voulait être entouré de plein d'amis (ce que j'aurai aimé aussi, mais impossible).
Le retour s'est fait par étape : passant sur les lieux de vacances de différents amis (pays basque, Morbihan...) pour retrouver son point de départ breton, sous la pluie et l'humeur maussade des parents. Quelques bonnes soirée tout de même entourés des bons vieux amis parentaux, à déconner, à boire et à se retrouver.
Et maintenant deux jours de boulot prévus, pacs demain matin et le restaurant qui va avec.
Vendredi matin je file pour un week end entre minettes, ça va être chouette.
Quand j'aurai plus le temps, je pourrais m'étendre sur mes impressions vagabondes estivales, mes découvertes littéraires et les nouvelles têtes qui m'attendaient au bureau.
Mais quand même c'est chouette de rentrer heureux, en forme et de découvrir ce qui vous ai arrivé à vous aussi pendant l'été...
21 juillet 2008
Yep
Je suis en vacances demain, je peux donc vous dire que ce blog est en stand-by pendant les trois prochaines semaines à venir...
Mais je ramènerai plein de belles choses à vous raconter.
Prenez soin de vous, les gens !
18 juillet 2008
Yes Babe !
Réfléchissant de plus en plus faire un enfant, je me vois déjà pouponner, regarder un petit être grandir, rire, évoluer. Je me vois avoir une relation d'exception avec lui, des regards inoubliables, recevoir un amour inconditionnel, en rendre un encore plus fort... Et pourtant, si je me replace en tant qu'enfant moi aussi, ça me fait peur. Mes parents, j'ai bien dû les aimer à la folie, lorsque j'étais un bébé, une petite fille. Mais à partir de l'adolescence, tout ça change quand même beaucoup. La relation d'exception en est toujours une, mais tellement moins inconditionnelle, comme si chacun avait ouvert les yeux, avait vu que l'on peut vivre l'un sans l'autre. Et, de plus en plus, je me dis que les meilleurs moments d'une famille sont ceux des débuts, ceux de la petite enfance, foyers de nos plus fortes émotions, fondements de nos traumatismes, de notre équilibre... Alors oui, j'ai terriblement envie de vivre ces moments à mon tour, mais tellement pas envie de vivre les suivants. Je vois bien que mes parents m'aiment, sont fiers de moi. Mais de mon côté, je les tellement de moins en moins intéressants ! Et qu'est-ce que je trouve ça horrible de dire des choses pareilles !
N'avoir que des enfants petits, à câliner, protéger, amuser, réconforter. Juste ça.
J'en demande un peu beaucoup, certes, mais c'est à moi maintenant de me poser les bonnes questions : est-ce que je veux vraiment avoir des enfants ?
Suite de la réflexion au prochain épisode !
15 juillet 2008
Cha la la la
C'est curieux, après les deux semaines de folie que je viens de vivre, tant au niveau de la somme de boulot incomparable, qu'aux nouvelles (bonnes et mauvaises), j'en reviens à un rythme (on dirait) plus lent, plus doux, plus humain. Je m'étais pourtant préparé un agenda bétonné, verrouillant chaque jour sur un travail. C'est drôle mais je n'avais pas bien regardé, et en fait, ma dernière semaine risque d'être plus calme que prévu. Enfin, plus calme... hum hum, ce soir je suis sensé réaliser un repas pour 8 personnes (un fameux "dîner de couples" que j'affectionne tout particulièrement). Sauf qu'il s'agit des amis de mon ours, et que lui n'arrive qu'à 21 heures, autant dire les pieds sous la table. Mais bon je suis de bonne humeur, et je crois que ça pourra être une bonne soirée.
En fait, ce sentiment de tout gérer, il me vient du repos de ces 3 jours de week end. Comme quoi, la fatigue, ça aveugle, on se croit perdu, usé, bon à rien, alors qu'il n'en est rien ! (enfin j'espère)
Seul bémol : avant le départ pour le Portugal, arrêt obligatoire dans la case "famille", et ça me gonfle prodigieusement. En ce moment, j'ai les avoir au téléphone, mais c'est à peu près tout. Les voir, pfffff, je préfère pas.
Autrement, si ça vous intéresse, mes centres d'intérêt du moment :
- la couvée des deux pigeons qui a migré sous ma fenêtre (et oui on ne change pas le goût des volatiles comme ça)
- le clip qu'on termine de réaliser pour un ami musicien
- mon lit (et tout ce qui s'y passe)
- bizarrement, mon travail (parce que malgré tous les coups de stress, de déception, de pleurs des semaines passées, finalement il en ressort du bon, des compliments et l'envie de surpasser, encore
- mes cheveux
- la préparation de mes vacances
Et les vôtres, quels sont-ils ?
11 juillet 2008
Vraiment, je n'ai rien d'intéressant à dire
En ce moment, j'ai du mal à exister, du mal à me sentir vivre. J'ai la sensation de me faire rattraper par quelque chose que je ne maîtrise pas. Je cours, je cours, et même si je cours de plus en plus vite, la chose me rattrape. Le temps...
Le travail m'étouffe vraiment en ce moment. Hier soir, mon manque de rigueur m'a encore fait du tort. Pas grand chose non plus, mais ça m'a valu de pleurnicher toute la soirée et d'avoir une légère crise d'angoisse au moment du coucher. Je mets sur le compte de la fatigue, des règles qui arrivent et du stress. J'ai pas envie de chercher plus loin, de remettre tout en question, ce n'est pas la peine, ça ne servirait à rien. J'aurai tout le temps d'y songer pendant les vacances.
Les vacances.. je trouve qu'elles se font désirer. C'est long... et je suis sûre qu'une fois entamées, sitôt dit sitôt fait, je serai de retour dans mon bureau en un clin d'œil, frustrée que ce soit passé si vite. Je sais comment ça marche...
En me relisant, je me trouve vraiment aigrie. Beurk !
Positivons !
07 juillet 2008
En attendant mieux…
Je me fais de plus en plus rare sur la toile ces derniers temps. Je n'ai qu'une bonne raison valable de ne plus rien poster (et ne plus rien à avoir à dire, soit dit en passant), je travaille tout le temps, je n'ai pas une minute à moi. Je ne rêve que de vacances, de soleil, de maillot de bain, de sexe, de sommeil et de lectures, et pourtant tout cela me semble très très très loin... Je suis à mille lieux de mes vacances. Pour l'instant, mon quotidien se résume à des horaires fous (finir un soir sur deux à 23h45, c'est inhumain, non ?), des entrevues rapides avec mon Ours (baiser en 10 minutes et réussir à prendre son pied tout de même est devenu notre nouveau challenge), des papotages téléphoniques interminables avec ma mère qui me pompent mon énergie, des inquiétudes concernant une de mes meilleures amies (on se demande qui elle ne serait pas en train de faire une dépression, son comportement avec la nourriture et l'alcool me laisse perplexe), une joie sans nom suite à la naissance de la seconde petite fille d'une autre bonne amie (et l'envie terrible d'en avoir moi aussi qui s'ensuit)...
Voilà, rien de plus, rien de moins, j'ai juste hâte de me poser, et de flâner.
27 juin 2008
Oreste (ou pas)
En ce moment j'héberge mon petit frère.
Jamais j'aurais penser qu'on puisse être si différents.
Et jamais j'aurai pensé que ce constat ne me ferait aucune peine.
19 juin 2008
Mes soirées moites
Me voilà bien énervée en cette fin de semaine. Ou excitée, je ne sais plus.
Pour faire la différence, voilà une bonne blague bien de chez moi (à faire un accent bigouden) :
Une femme demande à son mari quelle est la différence entre les verbes "énerver" et exciter". Le mari, pédagogue se propose de lui fournir une explication avec des exemples :
" Avant tu m'excitais, maintenant tu m'énerves !"
Pardon pour cette connerie passagère, mais je crois que j'ai été claire : je ne suis pas dans mon état normal. Non je n'ai pas bu, ni pris une quelconque substance illicite. Je me sens euphorique, hormonale (je ne sais pas pourquoi j'emploie ce terme, mais il me semble approprié pour exprimer cette délicate et lourde sensation qui me taraude depuis quelques heures maintenant), et oisive...
Et pourtant, au lieu de me prévoir des soirées nue avec mon Ours à nous prélasser au lit, j'enchaîne les soirées pourries et de dernières minutes :
- lundi : j'ai pris un verre avec une copine déprimée et déprimante
- mardi : j'ai passé la soirée comme un geek sur mon ordi à rattraper le retard accumulé dans mes séries – en l'occurrence la saison 3 de Weeds (mon Ours travaillait toute la soirée)
- mercredi : j'ai dîné avec mon Ours pendant sa pause du soir au resto coréen (ne me demandez pas quel métier il peut bien exercer le soir comme ça, c'est déjà bien assez difficile), puis je suis rentrée et j'ai plié du linge et j'ai repassé des chemisiers (hum, excitant !!!)
- ce soir, jeudi : nous allons à une soirée pourrie pour la sortie du DVD de I'm not there que je n'ai même pas vu (mais je m'en fous j'ai déjà vu Bob en vrai, ça compense amplement)
- demain, vendredi : on va au théâtre voir un spectacle palestino-israelien, et on rentre DORMIR (ouais même si ça finit à 22 heures, car l'Ours se lève genre à 5 heures du matin un samedi pour son travail – ne me demandez vraiment vraiment pas pourquoi il doit se lever aux aurores pour son boulot)
Voilà comment gâcher une période sexuelle très faste en se ruinant la santé et l'humeur à coup d'ordi, de lessive (cerveau et linge) et de réveil strident.
Vivement samedi soir ! (oh non c'est la fête de la musique et j'ai déjà prévu d'aller voir.... Vincent Malone – sans enfant bien sûr)
EDIT : Encore une soirée de merde d'achevée. Après la fête consacrée à Bob – réussie – on a passé la nuit à s'engueuler. Je n'ai pas pleuré, curieusement, mais vraiment je ne comprends pas son insatisfaction du moment. S'il n'est pas heureux avec moi, dans notre vie, qu'il se casse et puis c'est tout. J'espère qu'il va se rendre compte qu'il faut qu'il arrête de râler en permanence.
17 juin 2008
Le marché du travail et moi et moi et moi
Vendredi, ma vie a failli prendre une direction nouvelle.
Comme le disait mon précédent billet, vendredi dernier j'en avais ma claque. Et surtout du boulot. J'ai mis tout ça sur le compte des roux (et rouquines), mais j'avais tort. Sur la fin d'après-midi, lorsque tout le monde était gentiment parti en week end, j'ai tout bonnement décidé que j'en avais assez, et que j'allais me casser de cette boîte qui m'exploitait, me faisait faire des heures de malade pour un salaire de misère, pour une reconnaissance quasi-nulle. Constatation douloureuse, car première fois admise (et c'était sans compter les efforts vains et répétés de l'Ours pour m'ouvrir les mirettes) et vraiment ressentie seule, à l'étage de mon bureau.
C'est ainsi que je me suis mise à flâner sur le net, et notamment sur les sites de recrutement dans l'édition. Et là, coïncidence catastrophique qui m'a mise dans un état d'euphorie mêlée d'angoisse : la maison d'édition que je chéris dans mon cœur depuis plusieurs années (une très belle production de romans classiques et contemporains, français et étrangers) pour la qualité des publications, le chouette visuel de leurs couvertures, leurs auteurs fabuleux (bref bref bref pour tout), recrutait une assistante d'édition. Mais pour un CDD. Et je suis en CDI. Mais je me suis dit (et d'ailleurs j'ai sans doute raison) qu'une annonce où était marqué CDD ne voulait pas forcément dire CDD mais CDI avec une période d'essai un peu particulière. Je vois pas pourquoi une maison comme celle-ci aurait des besoins ponctuels d'embauche pour un temps donné, surtout pour un poste comme celui-là. Dans ma tête tout a été soudain très clair : j'envoie ma candidature, je passe un entretien durant lequel je précise que je me plais dans mon job actuel et qu'il est hors de question de modifier les quelques qualités qu'il recouvre : pas un salaire en dessous de celui auquel j'ai le droit, et surtout un CDI, que diable !
Motivée comme tout, me voilà à 20h, au bureau, en train de rédiger une belle lettre de motivation et de réaliser un tout nouveau CV, les anciens datant du divin temps de mes années estudiantines...
J'ai aussi demandé conseil à mon Ours. Un peu surpris, et peu enclin aux rebondissements peu sécurisants, il m'a néanmoins encouragé à me lancer si c'était ce que je souhaitais, partant du principe qu'il ne faut rien regretter dans la vie.
Guillerette et dans mes petits souliers (j'avais vraiment l'impression de faire un bêtise de petite fille), je suis partie en week end avec la tête bouillonnante d'idées, de phrases d'entretien, d'avenir. En rentrant à la maison, après un pot entre amis autour d'un couscous, j'avais un peu changé mon point de vue : et si c'était vraiment un CDD ? et la période d'essai, c'est pas un peu dangereux ? et mes nouvelles fonctions que j'ai à peine appréhendées ? et la spécialité de nos publications que je vais délaissée alors qu'il s'agit de ma passion première ? et les premiers temps où il va falloir se tenir à carreaux ? et mon capital vacances ? et si je veux faire des enfants dans pas longtemps ?...........
Le lendemain matin, le côté raisonnable et redoutable de mon esprit avait pris largement le dessus, même si je me laissais encore un tout petit peu le temps de rêver...
Et dimanche, plus rien de pouvait me faire changer d'avis : je reste où je suis.
Lundi matin, la bonne humeur de mon équipe, les nouvelles publications passionnantes et mon petit quotidien, que finalement j'affectionne énormément m'ont confortée dans mon choix.
J'espère que je ne regretterai pas un jour cette petite lâcheté...
Je souris encore intérieurement parce que je me sens soulagée, ce petit épisode m'a permis de me rendre compte que je peux changer, partir, qu'il existe d'autres choses bien, que la vie peut rebondir à tout moment, et que, aussi, le libre arbitre existe encore très fort en moi.
